Plus de 1,1 M$ pour des chercheurs de l’UQAC

Environ deux millions de Canadiens reçoivent des soins à domicile financés par des fonds publics, la plupart étant des gens de plus de 65 ans. C’est pour optimiser leurs soins et pour leur permettre de demeurer chez eux le plus longtemps possible que des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ont développé un système de télésurveillance.
Le projet des chercheurs Kévin Bouchard et Sébastien Gaboury, tous deux professeurs au département d’informatique et de mathématique de l'UQAC, vient d’obtenir un financement de 1,1 million de dollars des Instituts de recherche en santé du Canada.
Quand on reçoit un beau financement pour des projets qui nous passionnent, on ne peut pas demander mieux
, mentionne d’entrée de jeu Kévin Bouchard.
Il se décrit comme un spécialiste de l’intelligence ambiante. L’idée, c’est qu’on va utiliser des capteurs simples et discrets qu’on va distribuer dans des appartements pour les rendre intelligents. Évidemment, à partir de là, on va devoir faire toutes sortes d’analyses et notre objectif, en fait, c’est de réussir à faire le suivi des activités de la vie quotidienne
, explique-t-il.
Ces capteurs ne sont pas des caméras. Ils sont installés dans différentes pièces d’un appartement et permettent de déterminer si la personne qui l’habite cuisine ses repas, dort suffisamment, sort de chez elle. Bref, ils offrent la possibilité d’obtenir de précieux renseignements sur la vie quotidienne des aînés et d’ainsi confirmer ou infirmer certaines hypothèses des professionnels de la santé qui suivent les patients.
C'est un projet qui est le fruit de 10 ans de travaux de recherche en équipes intersectorielles. J’ai des collègues un peu partout dans la province qui ont travaillé sur ce projet-là
, précise le chercheur Kévin Bouchard.
Il indique que l’objectif principal est d’aider la prise de décision clinique puis l’optimisation des soins de santé et des services aux résidents
.
Nous, ce qu’on veut, c’est maximiser l’impact des visites faites par des humains. On sait qu’on manque de ressources. Nos cliniciens manquent de temps pour intervenir. Donc, l’objectif en fait, c’est que cette technologie-là est présente 24 heures sur 24. Les personnes ne peuvent pas être là 24 heures sur 24, mais, par contre, elles peuvent consulter notre plateforme en tout temps pour voir s'il y a lieu de s’inquiéter. Est-ce qu’il y aurait lieu d’avoir une visite?
Une étude d’ampleur
Le financement confirmé dans les derniers jours va permettre de poursuivre et d’élargir le travail qui a déjà été entamé.
Le professeur Kévin Bouchard parle d’une étude d’ampleur qui devrait s’étendre sur quatre ans. Ses collègues et lui souhaitent déployer une cinquantaine d’habitats intelligents et assurer un suivi de deux ans. Les premiers déploiements pourraient se faire à compter du printemps.
On veut vraiment aller évaluer c’est quoi les bénéfices de cette télésurveillance-là parce que, nous, dans les laboratoires, on a fait plusieurs études, mais on veut avoir une étude qui va être à travers la province. Donc on va faire des déploiements à Montréal, des déploiements à Sherbrooke, des déploiements au Saguenay-Lac-Saint-Jean puis ça se peut qu’on en fasse dans d’autres CIUSSS. Notre objectif, c'est d'avoir une étude qui est à plus grande échelle
, explique M. Bouchard.
Il soutient que de nombreuses personnes âgées sont ouvertes à l’installation de capteurs chez elles, sachant que cela peut leur assurer une sécurité et une autonomie accrues, de meilleurs soins et que cela peut surtout leur permettre de demeurer plus longtemps dans leur maison.
Selon une entrevue de Catherine Doucet
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